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Photo inspirée par les dessins de Garance Doré
(super pratique quand on n'a pas de scanner sous la main, n'empêche...)
Après quelques jours d'absence de la blogo (je ne vais pas chercher, je n'ai aucune excuse), j'ai envie de vous parler de musique. Parce que la mode, j'ai aussi plein de choses à vous dire dessus, mais que je vous en parlerai demain. Et aussi parce que je suis allée voir Good Morning England, et que tout bêtement, ça m'a fait penser à l'importance qu'a eu la musique dans ma vie.
Ca vous est déjà arrivé, à vous, de vous demander quelle B.O. on entendrait sur le film de votre vie ? Vous voyez ce que je veux dire. Quand passe tel album ou telle chanson, et qu'on se dit "c'est tellement carrément ce que je vis" ou "ça me rappelle l'été 2003, c'est fou". Quand on se dit que sa vie aurait peut-être été différente si on n'avait pas rencontré la musique des Pink Floyd ou de Nirvana. Quand on croise des Tshirts "Music is my religion" dans la rue, et que sous le couvert d'un certain mépris pour cet appât commercial, on est un peu émue parce qu'on pense que c'est vrai.
Alors,
Please allow me to introduce myself, pour commencer la semaine en musique...
L'album pour triper : Dark Side of the Moon, Pink Floyd
J'ai écouté les Pink Floyd pour la première fois au lycée et depuis, la dimension de rêve, de voyage, de possibles de cette période de ma vie reste liée à leur musique - aujourd'hui encore, The Great Gig in the Sky ou Shine On You Crazy Diamond, c'est LA musique à écouter en contemplant un coucher de soleil en vacances avec son groupe de pote, en se faisant un road trip, en embrassant son amoureux.
L'album pour accompagner le cafard : Beautiful Freak, Eels
C'est fou comme cet album me suit à travers toutes les petites épreuves et les blues de la vie. Sans en devenir pour autant lugubre et inécoutable. Des chagrins de collégienne interdite de boum aux baisses de moral des recherches d'emploi, le premier album des Eels (et mon préféré aussi) sublime le spleen et le guérit à tous les coups. Essayez, vous verrez !
L'album pour redevenir ado : Jagged Little Pill, Alanis Morissette
On vit tout plus intensément quand on est ado, et on dirait que cet album a été écrit pour ça. Des fois, je me suis demandée si Alanis ne s'inspirait pas de ma vie tellement ses chansons exprimaient exactement ce que je vivais. Et j'imagine que je ne suis pas la seule ex-ado à avoir un jour pensé ça. Même si la suite de sa carrière n'a pas toujours été à la hauteur de son premier album, comme elle l'admet elle-même, j'admire cette fille pour avoir su capturer l'esprit adolescent en un album.
L'album pour danser toute la nuit : Life In Cartoon Motion, Mika
Ce n'est pas vraiment du rock mais on concèdera à Mika son univers unique et la pêche garantie par sa musique. Mettez son album dans votre lecteur pendant la soirée et vous verrez tous vos invités se lever pour danser et chanter (approximativement - merci Mika pour cette voix proprement inimitable) toutes ces chansons. Et il y a même un slow pour la fin. Que demande le peuple ?
Mon premier album : What's The Story (Morning Glory), Oasis
Acheté sous la pression de mes camarades de collège - des groupies de Liam et Noel, devrais-je dire - c'est l'album que j'écoutais tout doucement sur la chaîne hi-fi de mes parents tellement j'avais l'impression de faire un truc illégal. C'est l'album qui m'a fait comprendre deux choses très importantes sur le rock : un, c'est meilleur quand c'est subversif, deux, c'est meilleur quand ça énerve les vieux. Du coup, ensuite, je me suis mise à Björk. En l'écoutant beaucoup plus fort...
Best break-up song : Space Oddity, David Bowie
Ne me demandez pas pourquoi. Un peu comme Eels accompagnent les coups de blues, cette chanson a été écrite pour les amoureux abandonnés. L'histoire tragique, la montée en puissance du refrain, la voix de Bowie, toutes les émotions ineffables de cette chanson, ça aussi, ça sublime n'importe quel chagrin d'amour.
Mon album de musique française : 666.667 Club, Noir Désir
J'écoute très, très peu de musique française. J'aime le flou dans lequel me laissent les paroles en anglais, qui m'autorise à donner le sens que je veux aux chansons que j'écoute. Rare exception, cet album de Noir Désir, encore une réminiscence adolescente, aux guitares énergiques et aux mots forts, toujours ce sentiment de rébellion à chaque écoute. Histoire de ne pas m'enliser trop loin dans une vie bien rangée...
La chanson que j'ai le plus cherchée : Not An Addict, K's Choice
Complètement fascinée par cette chanson, entendue en bande-son d'un film que j'ai complètement oublié depuis, mais qui, au moins, aura eu le mérite de me faire découvrir ce petit groupe auquel je suis restée fidèle depuis. A une époque où Internet n'existait presque pas, chercher le titre d'une chanson entendue dans un film même pas connu, ça relevait d'un exploit. Vive Deezer, sérieux.
Ma plus belle découverte : Ani DiFranco
Conseillée par une amie américaine ("Tu aimeras, c'est entre Alanis Morissette et PJ Harvey" - OK, je le concède, le spectre des possibles est large), je suis immédiatement tombée amoureuse de cette chanteuse new-yorkaise, star du milieu rock indépendant aux Etats-Unis et très peu connue ici (je suis fière de cette parcelle de culture underground). Féministes, engagées, intimistes, bouillonnantes d'énergie, ces chansons sont des merveilles d'écriture et de rythme. Et sur scène, cette fille déchire tout. Comment ne pas l'adorer ?
Ma BO préférée : tous les films de Quentin Tarantino
Parce que ce mec a le don de me faire réviser mes classiques et de me faire découvrir de nouveaux artistes à chaque film. Petite mention spéciale à Pulp Fiction et Kill Bill. Et Stuck In The Middle With You dans Reservoir Dogs.
L'outsider : Madonna
Rien à dire. Je suis fan. Malgré ses albums 100% commerciaux, ses shows démesurés, ses bras trop musclés. Cette fille a un don pour les blockbusters et je n'arrive pas à lui en vouloir pour ça. Merci pour les délires entre copines sur Like A Virgin (spéciale cacedédi à Gatou, si tu me lis !), pour les envies de danser dans la rue avec Vogue, pour l'ambiance en boîte quand retentit Hung Up.
Et j'aurais pu aussi vous parler de Nirvana, Garbage, The White Stripes, les Rolling Stones, les Beatles, PJ Harvey, Feist...
Mais je préfère passer le flambeau à trois autres bloggeuses, qui à leur tour devront nous raconter leur vie en musique :
- Thé Citron, qui me réveille tous les matins avec sa chanson du jour ; - Bonnie Parcoeur, parce qu'elle s'est écouté We Float de PJ Harvey en boucle 137 fois.