
Oh, Edward, you sexy beast.
Je sais, ça craint, mais je suis allée voir Twilight 2.
Avant que vous ne quittiez ce blog à jamais, pleins de mépris pour mes goûts littéraires et mon penchant pour les grosses productions hollywoodiennes opportunistes, je tiens à dire, pour ma défense, que 1) je lis aussi d'autres livres et même du Philip Roth, 2) la lecture de Twilight fut déclenchée par une saine curiosité et soif de comprendre l'adolescente d'aujourd'hui, et 3) bah oui je kiffe les grosses productions hollywoodiennes, et alors ?
Bref, le film. Meilleur que le premier du point de vue de la réalisation, même si le fait d'avoir lu le bouquin permet de combler les lacunes du scénario. C'était drôle d'aller le voir dans l'ambiance "jour de la sortie", mais comme ce fameux jour est passé, je vous déconseille de le voir si vous n'avez pas lu le livre. L'intérêt serait vraiment limité, si ce n'est pour voir des beaux gosses torse nu pendant deux heures. Même si je suis sure que ça en motiverait certaines...
Avec ma soeur, on y est allées moitié pour se marrer, comme pour le premier opus - soit dit en passant une catastrophe en termes de réalisation, de montage et de dialogues - et pour se sentir rajeunir dans une ambiance "pyjama party de collégiennes" avec la salle qui éclate d'un grand hiiiiiiiiiiii quand Robert Pattinson apparaît, le visage enfariné, à l'écran.
On avait déjà bien rigolé dans le premier quand on voit le vampire pour la première fois : la gueule toute blanche, les lèvres rouges - genre ouh embrasse-moi je suis si sexy et dangereux à la fois - et l'oeil ténébreux. Elles manquent furieusement de subtilité les gamines de 16 ans ou quoi ?

Twilight, avec plein de garçons musclés torse nu dedans.
Malgré tout, peu convaincue par le premier film et surtout n'ayant rien capté à l'histoire en dehors du fait qu'ils sont fous amoureux - mais ça il suffisait de voir l'affiche - je me suis lancée dans la "saga" cet été pour faire passer le temps sur la plage, là où mon degré de concentration m'interdisait la lecture de Philip Roth.
Je ne vous apprendrai pas grand-chose en vous disant que le bouquin qui a rendu folles des millions d'adolescentes est mal écrit et attendu. Et que les dialogues sont d'un cucul qui frisent la nausée - ils avaient au moins vu juste, dans le film.
Malgré tout, cela a soulevé une foule de questions.
Pourquoi Twilight a-t-il réussi à déchaîner les passions de la sorte ? Dans mon souvenir, l'auteur de romans à vampires attitrée, c'était Anne Rice. Mais peut-être que, ses bouquins datant des 70's, ils étaient trop vintage et devaient être remis au goût du jour.
Comment Twilight peut-il avoir autant de succès alors que l'histoire ne parle pas aux plus de 17 ans ? La seule réponse pour moi : il y a beaucoup de filles entre 13 et 17 ans sur Terre ? Et franchement, le mec dur comme le marbre (je vous entends ricaner, les filles, là-bas !), blanc comme la lune et tout froid, ça vous fait rêver, vous ? Moi j'imagine surtout l'angoisse quand t'as envie de te réchauffer les pieds sous la couette.
Comment un livre écrit avec deux idées (vampires/loups-garous) et trois cents mots de vocabulaire peut être le "nouvel Harry Potter" (oui, Twilight c'est le nouvel Harry Potter, un peu comme le rouge c'est le nouveau noir) ? J'ai beau avouer être bon public, je maintiens qu'Harry Potter était une vraie bonne série de livres jeunesse. JK Rowling a su brillamment créer un monde qui nous parle, en incorporant nos rêves d'enfants et nos souvenirs de contes à un soupçon d'héritage tolkienien. Tout ça avec plus de trois cents mots de vocabulaire. Alors que Twilight, ça ne peut décemment parler qu'aux adolescentes en attente du prince charmant. Qu'on arrête de comparer les torchons avec les serviettes, merci.
Comment se fait-il que, malgré la piètre qualité de Twilight, j'ai passé l'été à en rêver ? Quand je dis rêver, je parle de vrais rêves, avec les personnages du bouquin qui surgissent dans mon sommeil pour vivre le rêve aussi. Allô le psy ? La seule réponse, à mon grand dam : Twilight doit finalement plus parler à mon inconscient que je ne le pensais... La honte, je sais.