
Fond de teint Dior Diorskin Nude N°20
Autant le dire tout de suite, je n'ai jamais été une grande partisane du fond de teint.
Dans mon esprit, ce fluide brunâtre reste irrémédiablement lié :
- aux grandes traces marron qu'on trouve sur les encollures des petits hauts blancs qu'on veut essayer chez Zara,
- à mes camarades de classe au collège qui viraient carotte du jour au lendemain lorsqu'elles découvraient la trousse de maquillage de leur mère,
- aux femmes qui affichent un visage trois tons plus clair que le cou,
- aux vaines tentatives de mes cousines de cacher une acné récalcitrante.
Je n'ai jamais eu une peau parfaite - je pensais que ça passerait après l'adolescence mais apparemment non, en même temps ça m'évitera peut-être des rides précoces, hein ? - mais je n'ai jamais été tentée non plus de recourir au si peu subtil subterfuge du fond de teint. Une peau parfaite au prix de Tshirts blancs flingués, de visage plâtré, et de boutons encore plus visibles tant on essaie de les dissimuler, non.
Ajoutons à ça ma peau grasse euh mixte (et le délicieux mélange que forment sébum et fond de teint sur les ailes du nez des filles qui souffrent de cette condition) ; ainsi que les cris d'orfraie de l'Homme à chaque fois qu'il me voit mettre du maquillage, et vous comprendrez que le fond de teint ne faisait pas partie de mes make-up tips habituels.
En plus, je trouvais que je passais déjà bien assez de temps devant le miroir de la salle de bain, pour ne pas avoir envie d'en rajouter une couche. Littéralement.
Mais à force de dire "Fontaine...", j'ai fini par succomber.
Quand je suis allée bosser dans une boîte de filles.
Horreur. Malheur.
Il y avait des miroirs partout. Dans l'entrée. Dans l'ascenseur. A la cantine. Dans les bureaux (si si). Et le pire de tous : le miroir des toilettes, baignées d'une lueur blafarde, qui transformait les traits en crevasses et les petites rougeurs en bubons.
Et toutes les filles autour de moi, maquillées impec' et le teint plus frais qu'une rose. Je ressemblais au vilain petit canard, mais croyez-moi, je n'en tirais aucune joie.
En désespoir de cause, j'ai essayé le fond de teint. J'ai découvert que ces machins-là avaient changé depuis la dernière fois que j'en avais utilisé (dans les années 90, sans doute) : plus fluides, plus légers, et surtout super naturels. Je suis devenue accro en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Je rentrais chez moi le soir et je souriais à mes joues de pêche et à mon immuable teint angélique. Je gagnais en confiance et me trouvais jolie en me regardant dans la glace de l'ascenseur.
Jusqu'au jour où je suis allée bosser en n'ayant pas eu le temps de ravaler la façade au réveil. "Oh, t'as l'air toute fatiguée, toi" : c'est ce que j'ai entendu toute la journée. C'est là que j'ai mesuré l'ampleur de mon addiction. Ou le fait que j'avais vieilli, au choix.
There's no coming back once you start wearing fond de teint. Apprenez de cette erreur, jeunes padawans.
Bonne journée à tous, maquillés ou pas (je sais pas si ça parle beaucoup aux garçons, mais au cas où Jack Sparrow me lit, je mets un pluriel masculin)...